LEXIQUE

VERS (du latin , versus « le sillon, la ligne d’écriture », puis « le vers », historiquement « ce qui retourne à la ligne ») :
Le vers est souvent repérable grâce à un retour à la ligne indépendant de la bordure de la page.
Le vers est souvent associé à la poésie, mais tout poème n’est pas forcément versifié, de même que toute forme versifiée n’est pas nécessairement poétique.
L’énoncé qui constitue un vers ne se confond pas nécessairement avec une phrase : une phrase peut s’étendre sur plusieurs vers et, inversement, un seul vers peut toucher à plusieurs phrases (dans ce jeu, il ne comporte donc pas toujours absolument un sujet, un verbe et un complément, c’est la table qui le valide).
Le vers français se décompose en plusieurs unités appelées « syllabes» (de préférence à pieds, terme réservé à la métrique latine ou grecque). En fonction de ces syllabes, on peut mesurer les différents vers et les grouper ; il suffit, pour cela, de compter les syllabes.
 
SYLLABE (ou pied) : Guilhem Molinier, membre de l’académie poétique des Consistori del Gay Saber, qui fut l’un des premiers théoriciens de la littérature au Moyen Âge, a donné une définition de la syllabe dans ses Leys d’Amors, un manuscrit dans lequel il tente de structurer par des règles la poésie occitane alors en plein essor.
« Une syllabe est le [son] de plusieurs lettres, Selon ceux que l’on dit grammairiens, Prononcée en un [accent]
En un trait : d’une respiration. »
Sillaba votz es literals. Segon los ditz gramaticals. En un accen pronunciada. Et en un trag : d’una alenada.
 
ALEXANDRIN : c’est, dans les règles de versification française classique, un vers composé, formé de deux hémistiches (ou sous-vers) de six syllabes chacun. Les deux hémistiches s’articulent à la césure, qui est le lieu de contraintes spécifiques.
Son nom est dérivé du Roman d’Alexandre, sans qu’on puisse savoir si c’est en référence au nom de son héros, Alexandre le Grand, ou bien d’Alexandre de Bernay, son auteur. Ce cycle poétique, écrit en style épique, est du XIIe siècle, or ce n’est qu’au XVe siècle qu’est vraiment attesté le terme alexandrin.
 
DIÉRÈSE : extension d’un mot par le dépliement de deux sons qui pourraient normalement se prononcer de manière liée : ici « l’ex-pan- si-on » = 4 syllabes.
 
SYNÉRÈSE : c’est l’inverse de la diérèse : ici le mot « expansion » vaudra 3 syllabes (ou 3 pieds) : ex-pan-sion.
D’ordinaire les grands poètes classiques privilégient le plus souvent la diérèse à la synérèse, mais cette dernière est possible dans Duodecim notamment dans les cas de cartes à valeurs multiples.
 
CÉSURE À L'HÉMISTICHE : l’alexandrin est généralement, pour une question d’équilibre et d’esthétique de la phrase, composé de deux hémistiches de 6 pieds (6+6). Dans la versification classique, le non-respect de cette règle constitue une faute. Même si nous n’en tenons pas compte dans la version standard du jeu, il est valorisé dans la version « Génius » des règles du jeu.
 
E MUET : dans la versification classique, le « e » en fin de mot n’est prononcé que devant une consonne, jamais en fin de vers ni devant une voyelle.
Ex. 1 :
de l’espace - il a su = 6 (3 + 3) (« e » non prononcé car devant le « i » de « il ») de l’espace - je sais que = 7 (4 + 3) (« e » prononcé car devant la consonne « j »).
Ex.2:
(en cas de liaison) vos têtes - aimées = 5 (le pluriel avec le « s » suivant le « e », même devant le « a » d’aimer, oblige à la liaison, donc à donner à la carte vos têtes = 2-3 la valeur maximum 3). En revanche, si la carte « vos têtes » se retrouve en fin de vers, elle aura toujours la valeur 2.
QUATRAIN : Poème, strophe de quatre vers. Dans la version « Génius », celui qui parvient à faire un quatrain gagne un bonus de 50 points.
« Tu riras peut-être de ma manie de sonnets (...) mais pour moi c’est un grand poème en petit : les quatrains et les tercets me semblent des chants entiers, et je passe parfois trois jours à en équilibrer d’avance les parties, pour que le tout soit harmonieux » (Mallarmé, Corresp., 1862).
« Le quatrain à rimes embrassées (a, b, b, a) en est la forme la plus sculpturale et la plus majestueuse » (Formont, Lemerre, Vers fr., 1937).
Le célèbre quatrain de Verlaine : «Ôquidiralestortsdelarime!(rimea)
Quel enfant sourd ou quel nègre fou (rime b) Nous a forgé ce bijou d’un sou (rime b)
Qui sonne creux et faux sous la lime ? » (rime a)
Dans ce quatrain de Verlaine les vers comptent 9 syllabes en rimes « embrassées » (elles pourraient être « suivies » ou « croisées » également, aabb ou abab), mais la longueur métrique du quatrain peut être multiple, en octosyllabes, décasyllabes ou alexandrins, par exemple.
SONNET : (de l’italien sonnetto ou sonetto aujourd’hui) est une forme de poème strictement codifiée, avec des variantes. Il comporte quatorze vers composant deux quatrains et deux tercets, parfois réunis en un seul sizain final et doit rimer. Le schéma des rimes varie suivant le type de sonnet, elles peuvent être embrassées, croisées ou suivies. La longueur du vers n’est pas fixe en français même si les sonnets les plus célèbres sont écrits en alexandrins (6 + 6 syllabes).
 
POÈTE OU POÉTESSE : est celui ou celle qui dit ou écrit de la poésie. C’est donc celui ou celle qui possède l’art de combiner les mots, les sonorités, les rythmes pour évoquer des images, suggérer des sensations, des émotions.
LE PLÉONASME :il s’agit de l’emploi d’un terme superflu (ex. : monter en haut).
 
LA GRADATION :des mots sont assemblés successivement de manière croissante ou décroissante.
 
LA PARALLÉLISME :reprend une structure syntaxique (ex. : partir pour tout laisser, quitter pour tout abandonner).
LA RÉPÉTITION :le même mot est réécrit plusieurs fois.
 
L’ALLÉGORIE : on représente des valeurs abstraites avec des images concrètes. « Le temps mange la vie » (Baudelaire, « L’Ennemi »).
LA PERSONNIFICATION :elle attribue des caractéristiques humaines à un objet, un animal...
 
LA COMPARAISON :il y a un comparé (celui que l’on compare à quelque chose), un comparant (« quelque chose ») et un outil grammatical de comparaison (comme, tel que...).
LA MÉTAPHORE :c’est une comparaison plus directe car il n’y a aucun outil grammatical. « Je me suis baigné dans le poème de la mer » (Arthur Rimbaud, « Le Bateau ivre »).
L'HYPERBOLE :exagère l’expression d’une idée pour la mettre en relief. Utilisée dans l’ironie, la caricature, par exemple.
 
LA LITOTE :atténuation qui consiste à dire moins pour laisser entendre davantage (ex. : Je ne suis pas mécontent de ton travail).
L'EUPHÉMISME :permet de rendre une réalité moins brutale (ex. : il nous a quittés = sous entendu, il est mort).
 
L'ANTIPHRASE :exprime le contraire de ce que l’on pense, c’est une figure ironique (ex. : Que tu es drôle !).
 
L'ANTITHÈSE :met en parallèle des mots qui désignent des réalités opposées (ex. : certains aiment le jour comme d’autres préfèrent la nuit).
L'OXYMORE :deux mots opposés l’un à côté de l’autre « La lune en plein midi, à minuit le soleil » (Du Bellay, « Seigneur, je ne saurais regarder d’un bon oeil »).
L'ASYNDÈTE suppression des liens logiques et des conjonctions dans une phrase. « Je suis venu, j’ai vu, j’ai vaincu » (Jules César).
LA POLYSYNDÈTE consiste à mettre une conjonction de coordination au début de chacun des membres de la (ou des) phrase(s) formant une énumération. « Mais tout dort, et l’armée, et les vents, et Neptune » (Jean Racine, « Iphigénie »).
 
L'ANAGRAMME : une anagramme (le mot est féminin) est une construction qui inverse ou permute les lettres d’un mot ou d’un groupe de mots pour en extraire un sens ou un mot nouveau. Rimer - Mirer.
 
LE PALINDROME :désigne un texte ou un mot dont l’ordre des lettres reste le même qu’on le lise de gauche à droite ou de droite à gauche. Dans Duodecim la carte : « Nez » - « Zen ». Il est communément admis que l’on ne tient pas compte des accents, trémas, cédilles ni des espaces.
L'ANTINOMIE OU OPPOSITION :contradiction réelle ou apparente entre deux lois, deux principes, deux idées. Une « guerre propre » ou un « enfer paradisiaque » sont des exemples d’antinomies.
 
L'ANTONOMIE:utilisation d’un mot dont le sens est opposé à celui d’un autre. ex. : grand/petit. Rappel : un synonyme est un mot dont le sens ressemble à celui d’un autre (ex. : petit/minuscule).
L'ALLITÉRATION :consiste en la répétition d’une ou plusieurs consonnes, souvent à l’attaque des syllabes accentuées, à l’intérieur d’un même vers ou d’une même phrase. « Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ? » (Racine, « Andromaque »).

FIGURES DE STYLE

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